vendredi 15 juillet 2011

Guerre de succession ouverte à l'Hôpital régional de Bafoussam

Hôpital régional de Bafoussam
A quand la nomination d’un nouveau directeur ?
A la retraite depuis janvier 2011, mais toujours en poste, Joséphine Fokam est de plus en plus rare à l’hôpital.

Il y avait une petite fête autour du Dr Joséphine Fokam au soir du vendredi 10 juin 2011. La raison était suffisamment connue: Le ministre de la santé publique venait juste de procéder aux nominations dans les services déconcentrés mais l’hôpital régional de Bafoussam (HRB) n’était pas concerné. Les journaux parlés de 17h et de 20h  diffusés par la Crtv  étaient suivis méticuleusement par Mme la directrice de l’hôpital et ses proches dans un stress indescriptible. Un stress compréhensible selon un cadre de la délégation régionale de la santé de l’Ouest; «le patron de l’hôpital régional de Bafoussam est à la retraite depuis janvier 2011, et elle compte rester en poste aussi longtemps que ses réseaux resteront puissants au ministère de la santé à Yaoundé. »
Victime de la fatigue liée à son âge ou alors intéressée par la chose politique, le Dr Joséphine Fokam est devenue quelque peu rare dans l’enceinte de l’hôpital régional de Bafoussam. Depuis octobre 2010, elle est devenue militante de la section Rdpc Mifi centre. Avec l’appui du président de cette section, la parole lui est  donnée dans presque tous les meetings en qualité de « porte parole des mères de la Mifi ». Un poste inconnu  dans l’organigramme du Rdpc qui fait jazzer tout le monde au sein de la section. Depuis lors, elle est rentrée dans une guerre farouche avec Mme Béatrice Kenfack, la présidente de la section OfRdpc Mifi centre. Cette dernière accuse d’ailleurs son président de section Jules Hilaire Focka, de vouloir à tous les prix «fabriquer une présidente de section Ofrdpc inconnue comme militante au sein de la section.»
Un proche du Dr Joséphine Fokam l’avait déjà défendu au cours d’un meeting: «Le président de la section a promis faire d’elle la prochaine présidente de l’Ofrdpc, pour rebondir, puisqu’elle est déjà à la retraite… en quoi sa présence et ses interventions lors des réunions dérangent les gens?». L’hôpital régional de Bafoussam semble encaisser les coups devant les nouvelles activités de sa dirigeante à la retraite: Les groupes électrogènes sont régulièrement en panne, avec des conséquences fâcheuses pour les malades parfois en salle d’opération. La morgue dégage des puanteurs parce que de moins en moins entretenue. L’enceinte de la formation sanitaire affiche une physionomie de dégradation.
Les personnels n’arrivent plus à rencontrer leur patron quand ils expriment le besoin. Le Dr Joséphine Fokam, est très occupée à accompagner son président de section sur le terrain, et entre son duplex  en construction sur la route Bafoussam - Foumbot, ses plantations en création dans son Ndé natal, sa clinique privée située juste en face de la division régionale de la police judiciaire de l’Ouest à Bafoussam.

SDF. Le député Noumba doute de l'esprit démocratique de Ni John Fru Ndi


Honorable Serge Siméon Noumba

«Le chairman Fru Ndi a peur de ma candidature »
L’unique député Sdf  de l’Ouest, réitère sa position de candidat à la présidentielle de 2011 et dénonce les frasques de son président

Qu’est ce qui explique la non- tenue du congrès du Sdf jusqu'à ce jour ?
Le chairman Ni John Fru Ndi a tout bloqué. Il veut jouer sur le temps pour déjouer tout le monde. Et surtout ses adversaires au sein du Sdf ( Social Democratic Front). Il convoque le Nec mais ne fait même pas allusion à l’organisation des primaires au sein du parti pour désigner le candidat du parti à la présidentielle de 2011.  Il se méfie de tout. S’agissant de moi, le chairman Ni John Fru Ndi a peur de ma candidature. Il a déjà paniqué au regard des tendances qui se sont dessinées au sein du Sdf.

De quel poids pesez-vous pour le battre aux primaires ?
Si je ne pesais pas, il ne serait pas en train de paniquer et de tout bloquer. Je suis de la génération montante qui pense que le chairman a fait son temps et doit céder son fauteuil aux cadres qui ont de l’énergie physique et intellectuelle pour conduire le Sdf. Je ne sais pas pourquoi il a si peur. Le 7juillet 2011 il aura 70 ans. Sa flamme ne brille plus, malgré tout ce que certains caciques lui racontent au sein du parti. Alors, qu’il prenne son courage et organise le congrès. Je souhaite qu’on aille tous aux primaires pour que le chairman constate lui-même que son aura ne brille plus. Je vous assure, il n’a pas de chance de passer. J’ai annoncé ma candidature voici deux ans. Je suis prêt à aller aux primaires et à la fin du scrutin, aller représenter le Sdf à la présidentielle 2011.

Pourquoi êtes-vous absent sur le terrain, dans la campagne explicative de la poignée de main de Paul Biya à Fru Ndi ?
C’est le chairman qui crée ce flou depuis la création du Sdf. Il a fait savoir aux militants que le président Paul Biya était son ennemi politique. Et qu’il quittera le Sdf sans le saluer. Il a oublié que la politique c’est tout sauf cela. Il a compris tardivement qu’en politique, on doit s’ouvrir à l’adversaire pour débattre des sujets qui engagent la vie de la nation.   Maintenant il a plié et est incapable d’expliquer clairement cela à la base qui a raison de le taxer de tous les maux. Je ne peux pas entrer dans cette campagne perd- temps. Je suis concentré sur les primaires au sein du Sdf, et j’attends que le congrès soit convoqué pour être candidat. A 70 ans, le chairman Ni John Fru Ndi, a apporté sa pierre à l’édification du parti, il a fait son temps, il mérite tous les honneurs, et je pense qu’il mérite actuellement le repos.

la disponibilité du sang en question dans les hôpitaux

Du sang frais en banque
Ouest. Un partenariat entre les hôpitaux locaux et l’Udm permet de résoudre les besoins de transfusion sanguine chez les patients en manque de sang.

Le Dr Joséphine Fokam, directrice de l’hôpital régional de Bafoussam, clame avec fierté la disponibilité actuelle d’une banque de sang dans la structure hospitalière qu’elle dirige.
Ce département jadis absent, fonctionne depuis janvier 2011. Le projet d’après le Dr Fokam Joséphine, a été réalisé avec l’appui de l’université des montagnes qui dispose d’un partenaire financièrement et techniquement solide, capable de motiver les potentiels donneurs. «Nous avons sur place le matériel pour effectuer les tests, afin de nous assurer que le sang que nous avons en banque est de bonne qualité et ne peut produire aucun désagrément chez les potentiels receveurs.  On préserve suffisamment pour distribuer dans les autres hôpitaux de la région qui en ont besoin. Etant donné que la durée de vie dans notre chambre froide est de 15 jours, nous ne gardons qu’une cinquantaine de paquets qu’on renouvelle au bout de 15 jours s’il n’y a pas épuisement de stock par la demande».
A la clinique hospitalière universitaire de l’Udm, les méthodes de conservation d’après le Pr Lazare Kaptué sont hypermodernes. « Notre banque de sang pour la conservation à 4+/- 2° c (2 à 6°c) et a une capacité de près de 300 poches de sang. Compte tenu de la faiblesse de la mobilisation dans la région, il n'y a que 150 poches de sang conservé pour le moment. Nous disposons d'une centrifugeuse pour le fractionnement du sang en ses différents composants (concentré globulaire, plasma frais congelé, plaquette, cryo précipité) qui est fonctionnelle avec l'appui technique de mise en marche et de formation surplace effectuée par une équipe allemande.»
Pour le président de l’Udm ils s’assurent avant de garder dans leur chambre froide, que le donneur est en bonne santé par des examens. «Nous  éliminons les poches contaminés par le VIH, Hépatite B, Hépatite C, Syphilis, volume insuffisant, poches avec caillots…» Le responsable de l’Udm qui assure qu’ils multiplient des campagnes pour obtenir des dons de santé malgré le manque de volonté des donneurs et la faiblesse de la demande, dit que  la majorité des donneurs prélevés s des personnes âgées de 18 à 23 ans.
Honoré Feukouo

le choléra décime la population de Foumbot

Déjà 17 morts à Foumbot.
 Choléra. Plus de 339 victimes, se trouvent à l’hôpital de district situé au coeur de la ville.
Martin Arayouba était bien déçu ce dimanche 29 Mai 2011. Parti dès l’aube de sa concession avec Magoum (village situé à 8km du centre ville de Foumbot) avec une vingtaine de cageots de tomates et quelques sacs de fruits qu’il transportait avec ses 3 fils aînés à bord de trois portes tous, il s’est abrité vers 13h sous la forte pression de la pluie, sans avoir vendu un seul cageot. «Le choléra nous a eu. » clame ce dernier en apprenant que les dernières nouvelles ventilées par le téléphone arabe du marché font état d’une trentaine de morts et de plus de 500 personnes contaminées. «Je suis un simple jardinier. Tous les dimanches sont jours de marchés ici. Je viens ici vendre mes fruits et légumes aux gens qui viennent de l’extérieur pour nourrir ma famille et assumer mes charges au courant de la semaine. Vous avez vu ce que je suis venu avec. Le marché est vide. Tout ça à cause du choléra.» tempête Martin Arayouba.
En effectuant le tour du marché de Foumbot, on constate juste aux côtés des vendeurs, quelques clients locaux. Les camions venant de Bafoussam et des autres grandes villes pour transporter ces marchandises n’étaient visibles nulle part. Quelques employés du service d’hygiène et de salubrité de la commune de Foumbot sillonnent le marché pour sensibiliser les habitants sur les mesures à mettre en œuvre pour éviter d’être l’une des victimes du choléra. Le choléra inquiète depuis quelques jours dans la ville de Foumbot, et fait fuir même les consommateurs des légumes, fruits et autres produits vivriers commercialisés dans cette localité  où l’agriculture est l’activité la plus pratique. Le sous-préfet Longue Youssoufou, a multiplié des notes services mettant en garde la population contre cette maladie. Les citoyens de cette ville ne se saluent plus par la main. Ils préfèrent le faire en se touchant mutuellement les coudes.
C’est d’une voix grave que le Dr Salifou, a parlé d’une situation fortement inquiétante à Foumbot. Lors de la réunion de crise qui s’est déroulé le vendredi 27 mai 2011 dans la salle des réunions de l’hôpital de district de Dschang, le médecin chef  a donné le bilan en sa possession. «Nous avons déjà enregistrés 15 morts et 339 personnes victimes du choléra dans notre centre de santé. Je ne parle pas des cas qui sont évoqués juste à l’extérieur». Explique le Dr Bouba. Deux autres personnes sont décédées ce Week end, portant à 17 le nombre de morts à l’hôpital. Lors de la réunion de vendredi, il a été question pour les chefs de quartiers et autres autorités de la ville, de voir comment limiter l’ampleur de cette épidémie.
L’ampleur de la maladie est une incompréhension entre les autorités de la santé locale et régionale. Dans l’entourage médecin chef de l’hôpital de district de Foumbot et du chef de centre de district de santé de cette localité, la délégation régionale n’a pas réagi promptement en envoyant les moyens pour limiter l’épidémie dès que les premiers cas ont été signalés le 23 mars 2011. Le 20 mai 2011, la forte concentration de la population à la place des fêtes et la consommation des fruits et jus a propulsé l’avancée de la maladie
  Au sein de la population. Le Dr Salifou de son côté évite toute polémique. Il se limite à dire que ce sont les conditions hygiéniques peu pratiques dans cette localité qui ont facilité la propagation d’une manière exponentielle.
Honoré Feukouo



Bill Tchato visite la panthère sportive du Ndé

Bill Tchato hésite pour la suite de sa carrière


C’est comme un lion circulant dans la tanière des panthères, que Bill Tchato a séjourné à Bangangté le jeudi 23 juin 2011. Il a été reçu au siège de la panthère par l’effectif au grand complet sous la conduite de Célestine Ketcha Courtès maire de la ville et présidente de cette équipe. Bill Tchato, a précisé qu’il est juste venu rendre une visite de courtoisie et d’amitié à l’équipe de la localité où il est présenté comme une élite. Ce joueur de 36 ans a assuré qu’il comptait encore poursuivre l’aventure avec le Racing de Strasbourg au moins cette saison avant de prendre une décision définitive sur la suite à donner à sa carrière. Celui qui a été vainqueur de la coupe d’Afrique des nations en 2002 avec l’équipe nationale Camerounaise avant de perdre en finale cette CAN en 2008 tout comme il était de l’équipe finaliste de la coupe des confédérations, a assisté aux entraînements de l’équipe de la panthère du Ndé, recommandant aux passage aux poulains du coach Louis Paul Mfedé, de garder une hygiène de vie propre et d’être bien disciplinés s’ils veulent aller loin dans leur carrière sportive. Du haut de ses 47 sélections au sein de l’équipe nationale camerounaise, le latéral gauche du Racing de Strasbourg qui a discuté 19 matchs dont 17 comme titulaire cette saison, n’a pas voulu se  prononcer sur la situation actuelle de l’équipe nationale. Pour lui, l’essentiel de ce qui fait gagner une équipe, c’est la discipline. Il a  toutefois sollicité qu’on donne l’occasion à cette jeune équipe de se rôder pour devenir une véritable formation des lions indomptables du Cameroun.
Honoré Feukouo

Bafoussam; les sociétés pollunet l'environnement avec indifference

Bafoussam
Une plate forme de mesures pour lutter contre la pollution urbaine
Il est question d’assainir l’environnement du milieu de vie entre les entreprises et la population pour obtenir le juste milieu  d’un développement durable et citoyen
Les explosions des cuves brassicoles et des savonneries qui ont ébranlé la ville de Bafoussam, ces derniers mois, n’ont pas laissé indifférents les acteurs de la société civile. Le centre d’information  de formation et de recherche pour le développement (CIFORD) qui a mené une étude sur les dangers de la pollution industrielle à Bafoussam, multiplie des séances de restitution de ses travaux, afin de sensibiliser la population sur les dangers de la pollution industrielle. Le plat de résistance de ces travaux, a été un atelier d’élaboration du plan et de la mise en place du projet de suivi des activités du plaidoyer contre la pollution industrielle dans la ville de Bafoussam, organisé dans la salle des conférences de l’Uccao de Bafoussam. Un  atelier de travail quoi s’est déroulé en présence des acteurs de la société civile, de l’autorité administrative et surtout des délégués départementaux de l’environnement et de la protection de la nature de l’Ouest.
Jean Claude Talla le chef de ce projet au CIFORD, clame que dans la ville de Bafoussam, les sociétés Hysacam, la SABC, les savonneries CCO, SOC, SCS et les stations des hydrocarbures sont les principales entreprises polluantes. «Ils installent leurs entreprises sans se soucier de la population qui est dans l’entourage et surtout, sans effectuer des études d’impacts environnementaux.» Il ne manque pas au passage de rappeler que ces pollueurs se caractérisent par le non respect de la loi cadre sur la protection de l’environnement. Le simple fait de déverser leurs déchets dans leur entourage sans aucune gêne pour le voisinage crée plusieurs méfaits. Dans la salle Defo Magham Robert a pris le cas des déchets qui sont déversés dans le cours d’eau de la Mifi. Une eau utilisée en aval par de nombreux ménages. Il a aussi fait savoir que les déchets détruisent la terre arable qui devient aride au point  de contribuer à la forte  baisse de la production agricole. Le cas le plus récent, c’est lorsqu’on a trouvé des silures morts dans le cours d’eau de la Mifi. Ces poissons qui avaient été écoulés sur le marché, avaient trouvé la mort lorsque  des déchets d’une société voisine avaient été déversés dans le cours d’eau. Mais les ignorants consommateurs ont payés les frais.
 Au titre des calculs, David Wembé assure que la pollution crée un manque à gagner d’environ 1.152.000frs en dépenses de santé et une somme de 62.000.000frs pour les autres charges, que subissent régulièrement les 7000 ménages qui se trouvent dans le voisinage des sociétés industrielles qui polluent l’industrielles qui polluent l’environnement.
Ils souffrent du fait que le gaz carbonique, les déchets toxiques et les autres effets polluants, augmentent fortement le taux des maladies respiratoires, de la peau et  la mauvaise qualité de l’eau y contribue fortement, avant de créer le problème des besoins d’eau potable pour les soucis quotidiens de la population environnante.
Le sous-préfet Didier Bidja de l’arrondissement de Bafoussam 1er qui a tenu à suivre la totalité des travaux, a précisé que «le combat pour la protection de l’environnement sous toutes ses formes, a déjà été engagé par l’Etat  qui est tout heureux de bénéficier du soutien de la société civile pour réussir ce défi». Il a été accompagné par les huit délégués départementaux de l’environnement et de la protection de la nature. Ces derniers, ont été accusés de complicité dans la mesure où ils ne déploient pas les énergies nécessaires pour empêcher les entreprises fortement polluantes de s’implanter au cœur des zones à fortes densités humaines, tout comme ils s’abstiennent d’utiliser les batteries de sanctions que leur autorisent la loi cadre sur l’environnement pour empêcher ces fortes industries polluantes, de détruire des milliers de vie.
H F


mercredi 10 novembre 2010

Ouest; les bandits dépouillent les églises en série


Soixante millions Fcfa volés au cours de six attaques.
Les bandits qui dévalisent les églises ces derniers temps dans la région de l’Ouest ont, à quelques exceptions près, le même mode opératoire. Ils débarquent quand le clergé, au grand complet, est autour de la table pour le repas du soir. Bien renseignés, ils se pointent aussi lorsque des «invités» fortunés sont en visite dans ces presbytères.
Armés de pistolets de fabrication traditionnelle, de machettes et de couteaux, ils tiennent la maisonnée en respect pour effectuer la fouille des locaux et des occupants. Comme butin, ils emportent des téléphones portables, des ordinateurs, des objets de décoration pour l’habillage des églises et de l’argent. Ils font souvent halte à la caisse de l’intendant de la paroisse. Et repartent le plus souvent à bord de véhicules appartenant à la paroisse, qu’ils abandonnent quelque part, après avoir enfermé le personnel trouvé sur place dans l’une des chambres du presbytère.
L’ancien premier ministre rwandais, le Dr. Dismas Nsengiyaremye et son frère Emmanuel Munyankumburwa, qui sont venus rendre visite à leur compatriote l’abbé Jean Paul Nsanzimana, ont été, le vendredi 22 octobre 2010, victimes de ces bandits. Ils prenaient leur repas vers 19h, lors que des brigands ont fait irruption dans la salle. Ils sont repartis après avoir pris de plus de 2 millions de francs Cfa aux invités et  aux prêtres de la communauté des Lazaristes qui dirigent la paroisse du mont Carmel, située à l’entrée de la ville de Bafoussam. Les paroisses saint Antoine Depadoux de Bamendjou, Saint Denis de Batcham Fiela, saint Barthélemy de Bahouan, sainte Cécile de Kouogouo et de Batcham, ont subi des coups similaires.
Le père Michel Toukam de la paroisse Sainte Cécile de Kouogouo Bafoussam se rappelle que les bandits ont vidé son domicile et ses bureaux, juste au moment où il disait la messe du soir, le vendredi 15 octobre 2010. Le temps pour lui de constater les dégâts après la messe, les mêmes bandits sont revenus la nuit,  pour emporter des ordinateurs et d’autres outils de valeurs laissés lors de leur premier passage. A Banga, le 14 octobre dernier, trois de ces bandits sont allés en éclaireurs. Le premier était vêtu comme un prêtre et les deux autres portaient des tenues militaires.  Dès que le portail a été ouvert, ils ont tôt fait de sortir leurs armes et de fouiller les lieux. Parmi les brigands qui ont été identifiés respectivement à Bahouan et à Batcham, certains sont reconnus comme des anciens chrétiens et employés de l’église. André Tassa, le président du comité paroissial Justice et Paix au diocèse de Bafoussam, pense que le recrutement des vigiles n’est pas la solution idoine. Au décompte actuel, le secrétaire à l’éducation privée catholique le père Kengne Tchamou Gabriel, considère que ce sont d’énormes sommes d’argent qui ont été emportées. Le total des pertes serait au delà de la somme de 60 millions de nos francs.
Honoré Feukouo

Abbé Robert mathurin kenfack :  «Ils sont en train de voler dans leurs propres poches» *
Le vice responsable de la communication diocésaine de Bafoussam, déplore les braquages en séries contre les milieux religieux.
Que pense l’Eglise des attaques répétées dont les paroisses catholiques sont l’objet dans la région de l’Ouest ?
On ne peut pas rester insensible à des choses comme celles-là. S’il  y avait un message à faire, je n’hésiterais pas à dire à ceux qui commettent ces actes là, qu’ils sont en train de voler dans leurs propres poches. Parce que ce qui appartient à l’homme appartient à Dieu, et ce qui appartient à Dieu appartient à l’homme. Il faut savoir respecter ce qui appartient à Dieu parce que c’est ça que Dieu donne à l’homme. Si l’homme vient l’arracher, c’est une malédiction qu’il attire sur lui. Quand on s’attaque à Dieu, je pense que c’est une façon de se moquer de soi même. Je voudrais penser qu’il s’agit ici de personnes affamées, éprouvées et frustrées, qui vont dans une recherche de solution. De plus en plus, ils n’en trouvent pas et commencent à se dire qu’il faut aller vers les milieux les plus juteux. Ils se disent que la mission est certainement le lieu qui est en même temps le riche et le fragile. Ils se disent que c’est facile de s’y attaquer. La mission a toujours été considérée comme le milieu où on a le plus facilement ce qu’on veut obtenir. C’est une réaction qui devrait être vue comme une recherche des solutions aux problèmes de la misère dans un pays. Un problème qui devient très sérieux, mais qui ne préoccupe pas ceux qui devraient intervenir pour cela.
L’Eglise envisage-t-elle un renforcement des mesures de sécurité ?
C’est vrai que quand il y a insécurité, on doit absolument penser à faire quelque chose. Et l’Eglise a déjà pensé à mettre sur pied des stratégies de sensibilisation. Que l’église soit aujourd’hui attaquée, ça devrait être une chose préoccupante. On est tous d’accord que l’Eglise est un peu le lieu où tout le monde se replie quand les choses vont mal. On a même vu, dans des situations de guerre, que l’Eglise est un lieu sécurisé. On s’y réfugie avec la certitude d’être entré dans les bras de Dieu. Malheureusement, avec ce qui se passe, on ne peut passer que par une sensibilisation. Les prisonniers et les brigands sont les enfants de Dieu, et s’ils se considéraient comme tel, ils ne viendraient pas à l’Eglise arracher ce qui appartient à Dieu. Ils devraient plutôt trouver le moyen de donner à l’Eglise afin qu’elle puisse continuer à dire ce que, eux, n’arrivent pas à dire. Ces visiteurs peuvent venir autrement que comme des brigands. Si jamais ils avaient le courage de se rapprocher de Dieu, je pense qu’ils trouveraient même la solution à leurs problèmes.
Propos recueillis par
 Honoré Feukouo