lundi 2 septembre 2013

le marché B de Bafoussam fermé pour un an?

Le marché B fermé pour un an ?
Visite. Le Minhdu  instruit l’arrêt des travaux de reconstruction lancé par les commerçants.
Sinistré par l’incendie qui a ravagé près de 500 boutiques, les commerçants du marché B ont reçus la visite du ministre de l’habitat et du développement urbain hier. Jean Claude Mbwentchou, a été surpris de voir que les commerçants, se sont déjà lancés dans les travaux de reconstruction de leurs comptoirs au lendemain de l’incendie. Un chantier qu’il instruit l’arrestation, le temps que le gouvernement cherche les moyens pour  reconstruire ce marché provisoire, avec des techniques modernes. «Il faut des servitudes, des bouches d’eau, les réseau électriques, téléphoniques et autres nécessités appropriés» précise le ministre  pour expliquer sa décision aux commerçants.  Jules Kakeu Tamedchep le président de l’association des commerçants, s’empresse de demander combien de temps le gouvernement va utiliser pour reconstruire ce marché ? «Environ un an». Répond promptement Jean claude Mbwentchou. «Et de quoi allons nous vivre entre temps ? Personnellement, j’ai 6 enfants qui ne vivent que de mon commerce. Demandez aux autres et vous saurez quelles sont leurs obligations avec pour unique source de revenu ce marché » réplique le commerçant. Pour soutenir son collègue, une autre commerçante lance à l’endroit du ministre que «lorsqu’une femme perd son bébé, elle ne s’isole pas pour vivre. Elle se couche auprès de son homme pour chercher un nouveau bébé. Si vous ne pouvez pas reconstruire rapidement, laissez nous reconstruire comme d’habitude avec nos moyens de bords». C’est sans convaincre les commerçants d’arrêter les travaux, que le ministre est parti du marché.

 La première étape de sa visite s’est déroulée en salle. Il a été ici question aux côtés du gouverneur et de sa suite, de faire un état des lieux et de voir comment rassurer les commerçants en cette période qui coïncide avec la veille de la rentrée scolaire, et de la période électorale. La nervosité est perceptible chez le gouverneur. Midjiyawa n’hésite pas à dire «qu’il va porter un même pied de pantalon » avec ses collaborateurs techniques qui traînent les pas. «Le ministre est là au lendemain d’un tel drame et les gens s’amusent à aller dans leurs plantations et éteindre leurs téléphones portables un lundi. Ce n’est pas possible ». Son doigt accusateur est orienté contre le coordonnateur du Pndp, le délégué régional de l’économie et celui du cadastre, qui doivent avoir un rôle à jouer dans le dénouement de cette crise. Comme le dit le gouverneur, en l’espace de 6 mois, 3 incendies ont été enregistrés à Bafoussam. Mais celui s’est déroulé dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 août est déplorable. « Plus de 400 boutique ont été carbonisés. Il faut que cela cesse et nus devons y apporter des solutions fermes». Jean Claude Mbwentchou qui a planté le décor en rappelant qu’il est rapidement venu sur instruction du Pm, instruit la mise sur pied de 5 commissions chargés respectivement d’évaluer les pertes, de recenser les commerçants sinistrés, et de planifier la reconstruction du marché. Les responsables locaux de la délégation des cadastres et des domaines ont 2 semaines pour effectuer un plan de l’espace du marché B avec tous les détails, effectuer les levées topographiques et acheminer le dossier au délégué de l’habitat qui doit dresser un plan de reconstruction du marché, pendant que les autres acteurs élaborent un budget estimatif. Des dossiers qui doivent être entièrement acheminés à Yaoundé dans au moins 3 mois, avant de voir les délais d’étude et de déploiement des moyens pour permettre à ce marché d’être reconstruit. Ce qui n’est pas du gout des commerçants qui refusent d’être recasés au marché Casablanca qu’ils trouvent en périphérie et déjà exigu.

Honoré Feukouo

Le marché B de Bafoussam ravagé par le feu

Le marché B ravagé par les flammes
Bafoussam. L’incendie dont l’origine reste inconnue a emporté plus d’une centaine de comptoirs.
La voix de Pauline Megne est inaudible. A force de pleurer, ses cordes vocales ont été affectées. Elle n’en a cure. Elle continue d’aller de gauche à droite pour exprimer par des gestes, son affliction. «J’ai tout perdu ! Tout. Je n’ai plus de vie». Avec mélancolie, elle pointe du doigt les machines à coudre et parle avec peine et douleur. «Dans mon atelier, il y avait 3 machine à coudre, 2 surfileuses et les tissus pour les tenues que je préparais pour la rentrée. Le feu a tout pris. Je ne sais plus ce que je vais dire.» Tout au long de l’axe réservé aux couturiers, tailleurs, prêts à porter, c’est près d’une centaine de comptoirs qui ont été soufflés par les flammes. L’incendie qui s’est déclenché vers 23h au marché B de Bafoussam, dans la nuit du samedi au dimanche 18 août 2013, a emporté près de 80% des comptoirs érigés en ces lieux.

Lorsqu’on entre par le poste de police du marché, on est marqué de constater que tous les comptoirs qui avaient fière allure la veille, se sont transformés en cendres. Le secteur réservé à la vente de l’huile de palme en gros, n’existe plus. Ce sont des fûts qui ont explosés sous la pression de la forte chaleur et les bombonnes d’huile, qui sont observables. Une forte odeur âcre dégagée par l’huile flammable, étouffe tous ceux qui s’y trouvent. En quittant précipitamment ce secteur, c’est d’odeur de viande qui chatouille les narines. Les hangars réservés à la boucherie, ont été consumés, et la viande qui s’y trouvait, a été carbonisée.
Les débris de machines calcinés, jonchent le long des comptoirs réservés à la commercialisation des assiettes, marmites et autres machines robots pour faciliter l’art culinaire. Au cœur du marché, le secteur réservé  aux œuvres d’art, est aussi carbonisé. Les propriétaires des lieux, identifient leurs comptoirs et y viennent récupérer les poteries que le feu a contribué à endurcir. Leurs voisins qui sur des tables et des étals vendent les kolas, le haricot, le maïs, les céréales et les produits alimentaires, déplorent le fait que le feu à griller leurs sources de revenus. Les vendeurs des produits traditionnels, n’ont pas plus de chance de sauver leurs marchandises.  En ressortant du marché pour échapper à la fumée qui étouffe, on constate que ceux qui ont pu sauver une partie de leurs marchandises, s’empressent de porter ce qui reste pour quitter les lieux. Pour consoler tous ces commerçants en pleurs, les politiciens sont tous présents. Chacun essaye de dire qu’il est temps de construire un marché digne de ce nom.
La police qui est arrivée aux côté des sapeurs pompiers et de l’autorité administrative, insiste sur le respect de l’ordre. L’enquête initiée, n’a pas encore selon le gouverneur, permis de connaître les causes de cet incendie. Midjiyawa Bakari déplore cependant, la multiplication anarchique des toiles d’araignée, de l’insalubrité et de la promiscuité au sein du marché B de Bafoussam. Ce qui a contribué à faire en sorte que les sapeurs pompiers accourus, n’ont pas pu se frayer une voie pour essayer d’éteindre à temps le feu. En attendant l’évaluation exhaustive, on estime à plus de 5 milliards de FCFA le montant des pertes estimées dans les comptoirs ravagés par le feu. On estime que c’est environ  80% des comptoirs du marché B qui ont été consumés.
Honoré Feukouo


Près de 5 milliards volatilisés.
Importance. Le marché B est un pole économique entre la zone urbaine et la zone rurale.
Difficile d’estimer le nombre de pertes enregistrés par les commerçants et leurs familles au marché B de Bafoussam, à l’issue de l’incendie qui a dévasté ce marché. Les pertes sont d’autant plus importantes, que le marché B, se positionne comme un pole économique incontournable entre la zone urbaine et la zone rurale de Bafoussam d’une part, entre la ville de Bafoussam et les villes environnantes d’autre part. Zacharie Kamdem un vieux commerçant installé ici depuis une quarantaine d’année, dit qu’au départ, le marché B était juste une zone de transition. «Il y avait une gare routière ici qui permettait aux voyageurs qui allaient  en direction de Mbouda, Dschang et Bamenda, de s’installer et de se ravitailler». Autour de la gare routière, un important marché s’est progressivement installé. Les comptoirs ont été construits par la suite, pour désengorger le marché A devenu trop touffu. Au marché B de Bafoussam, les femmes et les paysans qui sortent des zones rurales, commercialisent les produits champêtres et achètent le nécessaire pour la survie de leurs familles. C’est au marché B, qu’on retrouve le plus aisément, l’huile de palme écoulé dans les marchés. C’est au cœur du marché B que sont installés les artisans qui font dans la poterie, les forgerons et d’autres artisans traditionnels. Tous ont été délogés par l’incendie.
H F


  «Il faut reconstruire le marché »
Deffo Oumbé Sangong président de la commission des grands travaux au conseil municipal de la communauté urbaine de Bafoussam
Cette fois ci, c’est le marché B qui est en flammes. Quel sentiment ?
Je suis consterné de voir l’étendue des dommages causés par le feu. Quand vous regardez et que vous voyez les commerçants pleurer parce qu’ils ont d’un coup perdu le lieu de leur activité et tout le capital qui leur permet de nourrir leur pauvre famille, vous ne pouvez que partager leur malheur. Cette fois-ci, c’est le marché B. Hier, c’était encore le marché A. et le cycle recommence à tel point que nous vivons au moins un à deux cas d’incendie chaque année au sein des principaux marchés de Bafoussam. C’est vraiment dommage. Pourtant, il suffit d’un peu de volonté pour résoudre considérablement le problème.
Actuellement on n’arrive pas à avoir une idée certaine de l’ampleur des dommages pourquoi ?
 Les dommages sont grands. Vous voyez qui tout l’intérieur du marché a été carbonisé. Mais ce qu’il faut relever c’est que ce problème est régulièrement posé sur la table du conseil municipal de la communauté urbaine depuis 1994. On ne peut as savoir le nombre de comptoirs qui ont brûlé parce qu’il y a des gens qui ont intérêt à entretenir le faux et le flou ici au marché. Nous avons récemment commandé au délégué du gouvernement, une action de décompte des comptoirs. Ils sont venus nous dire que les marchés A et B de Bafoussam avaient juste 2992 comptoirs et hangars. Pourtant, le décompte antérieur laissant entendre qu’il y a environ plus de 4000 comptoirs au marché A et au marché B. Les entrées et les pistes de circulation au sein du marché sont régulièrement bouchées par la construction des nouveaux comptoirs et hangars. S’ils cachent le nombre de boutiques, c’est surement à dessein mais c’est la population et en particulier les commerçants qui écopent.
Que faire pour arrêter la multiplication des incendies au sein des marchés de Bafoussam ?
Il faut d’abord travailler dans la transparence, sans cacher les comptoirs pour enrichir certains en mettant en péril les commerçants et leurs activités. Il faut bien construire les marchés. Actuellement par exemple, on demande 800.000Fcfa à chaque commerçant pour reconstruire sa boutique de 4m² et en moyenne 1200000Fcfa pour ceux qui veulent les boutiques de plus de 4m². Cela ne profite pas aux commerçants même comme ils s’empressent tous  de financer chaque année les reconstructions de leurs boutiques consumées.   Il y a la banque des communes le Feicom qui peut nous aider à construire au moins un grand marché bien sécurisé à Bafoussam. Il y a aussi le projet C2D que nous sollicitons pour la même réalisation et d’autres pôles de financement. Mais pour que cela avance, il faut que nous regardions tous dans la même direction, dans l’intérêt des commerçants et de la population locale d’abord.
Propos recueillis par Honoré Feukouo

«J’ai tout perdu »
Josiane Meliedjie. Commerçante au marché B
Je dois encore vous dire quoi? Juste que j’ai tout perdu. Le feu m’a tout pris. Il y avait dans ma boutique des marchandises. J’ai acheté une nouvelle machine pour coudre les tenues des enfants pendant la rentrée. J’ai acheté les tissus pour la rentrée. J’avais l’argent de la tontine que mon mari a gagné et m’a chargé d’envoyer aux enfants qui sont à l’université. Une somme de 250.000F. Tout cela est fini. Je ne sais plus ce que je vais dire, ni quoi faire.

« Repartir à zéro »
Francine Domkam. Commerçante au marché B
Je sais que pour ma vie, il me faut repartir à zéro. J’vais beaucoup de marchandises dans ma boutique et les choses au magasin. Le feu a tout brûlé. C’est ça la vie. Je ne vais pas me suicider pour les marchandises. C’est Dieu qui donne et c’est lui qui reprend. Je vais seulement me battre pour repartir à zéro si le seigneur me donne la possibilité. Même le peu qu’on m’a dit qu’on a pu récupérer, je ne vois pas encore. Donc je suis là comme ça depuis qu’on m’a appelé pour me parler de l’incendie.

«Il faut recaser les commerçants »
Aaron Nenkam. Ancien conseiller municipal  
J’ai été interpellé à 2h du matin juste au moment où ça commençait. J’ai eu au moins 4 à 5 interpellations avant 4h du matin. Je suis sûr qu’au moins 4000 opérateurs économiques dont 4000 familles sont sinistrés en ce moment. La première approche c’est de chercher une solution définitive de construction au marché A. ce ne sont que des rafistolages qui ont été considérés comme solutions. Des solutions périodiques qui ne résolvent pas le problème. Il faut des solutions définitives et non plus des solutions provisoirement définitives. Il y a la zone de Famla où un vaste espace a été réservé par le conseil municipal depuis une dizaine d’année, pour la construction d’un marché, qui peut être construit et permettre de recaser au moins 10.000 commerçants. Depuis 1994 ce dossier n’avance pas. Pourtant, dans le marché du Mfoundi, on a utilisé la même technique pour recaser les gens et reconstruire le marché central et d’autres marchés secondaires. Les rafistolages en tôles et en planches, ne seront jamais une solution.
Il faut assurer les commerçants »
François-Xavier Wolong Fonkou. Assureur
Ce que nous avons vécu au marché B est horrible et regrettable pour une ville comme Bafoussam. Ce sont des milliards de pertes. C’est encore plus dur parce que nous sommes à la veille de la rentrée scolaire.  Il y a quelques jours que près d’un million a été réclamé à chaque commerçant du marché B pour reconstruire le marché. Pourtant, ils payent tous des impôts.  Le marché demeure dans l’insalubrité. Ayons pitié des malheureux commerçants qui ont tout perdu. Ceux qui dirigent ces marchés savent que les biens s de ces commerçants peuvent être sécurisés sans grands efforts à travers les assurances des personnes et de leurs biens. Mais en haut lieu, ils n’ont pas le souci du bien du prochain. Il faut penser à assurer les commerçants.
Propos par H F


La corruption électorale dénoncée

La corruption électorale dénoncée
Ouest. Le président régional accuse les chefs traditionnels devant la Conac et le public.
Lors du passage de la caravane de la Conac le mercredi 14 août 2013 à Bafoussam, le président régional du Sdf a dénoncé un processus mis en œuvre par les chefs traditionnels des Bamboutos pour corrompre les électeurs, afin de faire triompher le Rdpc. Jean Tsomelou a présenté un communiqué signé du chef Bamendjinda. Dans cette note, le rédacteur invite ses fils élites du groupement, à apporter une contribution à hauteur de 4.000.000 FCFA pour la campagne électorale, sans oublier «3000 cahiers de 250 pages, 10 cartons de bics, 135 cartons de savons, 135 sacs de sels, et autres, à distribuer à la population». Si le trésorier devant tenir ces caisses est Raymond Diffo, le chef Jean Marie Tanefo, se propose d’être l’ordonnateur des dépenses. «Il est celui qui connaît mieux son groupement et le nombre de bières, de sacs de sels, de riz et de cahiers à distribuer dans chaque domicile » commente avec ironie Jean Tsomelou, en brandissant la liste des élites saisis par le chef, pour qu’ils apportent leurs contributions à la collecte de ses fonds de campagne. Les montants sollicités vont de 500.000F à 25000, en fonction du poids financier de la centaine d’élites auxquels sont adressées les demandes d’aides. Il précise par la suite, que plusieurs chefs traditionnels du département des Bamboutos, usent des mêmes stratagèmes en menaçant les élites qui ne contribuent pas, et en utilisant cette contribution pour corrompre la population, afin de les inviter à voter le Rdpc.  

Cette dénonciation du sénateur Jean Tsomelou, est commentée  par le Pr Claude Abé, autre conférencier de cette table ronde organisée par la Conac sous le thème: « Comment débarrasser le processus électoral des pratiques de corruption ? ». Exemples à l’appui, l’enseignant de l’Ucac de Yaoundé, martèle que «la région de l’Ouest, est certainement parmi celles où les acteurs politiques usent à fond des pratiques de corruption avant, pendant et après les élections. Il n’y a pas longtemps de cela, certains candidats au double scrutin du 30 septembre prochain ont entrepris de distribuer du maïs, du haricot et de l’argent en espèces aux populations afin d’obtenir leurs suffrages le jour du vote». Les personnes présentes, vont multiplier les questions, accusant la Conac d’œuvrer par l’impunité tout comme l’Etat, ce qui d’après eux, permet à la corruption de prendre sans cesse de l’embonpoint au Cameroun.
Le Pr Claude Abé y répond en disant qu’avant la répression qui pourrait pousser tous les camerounais en prison, il faut d’abord éduquer les masses pour faire de la corruption un acte marginal, et donner ainsi à la population, les armes de surveillance éthique. Ces actions en amont, vont mettre les corrupteurs et les corrompus en minorité. Ce qui n’est pas encore le cas dans notre pays. Comme l’a précisé Joly Koum membre de la Conac, l’essentiel est aujourd’hui, de « susciter un sursaut citoyen et une prise de conscience collective sur l’impact négatif des pratiques de corruption dans le développement du Cameroun.» Irène Morikang Tche a rappelé les formes d’actions de la Conac, en invitantes camerounais de l’Ouest, toutes les formes de corruption qui se déroulent autour d’eux, en commençant par les actes de corruption qui visent à obscurcir la clarté du double scrutin du 30 septembre prochain.
Honoré Feukouo


Maurice Kamto console les commerçants sinistrés du marché B de Bafoussam

Maurice Kamto console les sinistrés du marché B
Bafoussam. Le président du Mrc a remis une aide d’un million aux victimes.
Le sourire a remplacé la crispation en permanence présente sur les visages des commerçants qui ont tout perdu au marché B de Bafoussam lors de l’incendie du 18 août 2013, lorsqu’ils ont reçu des mains de Maurice Kamto, un soutien d’un million de francs. Les applaudissements des commerçants étaient nourris, quand ils écoutaient le président du Mrc, dénoncer l’inertie et le manque de prévision au Cameroun. «Je suis né dans cette ville et dans les années 1960 -1962, ce marché venait d’être fondé. Il est anormal que plus de 50 ans après, ce marché B soit encore dans un tel état. J’ai dit lorsque nous avons fait notre meeting au stade de Bafoussam, comme de façon prémonitoire, qu’il faut qu’un marché digne de ce nom soit construit ici rapidement».
Maurice Kamto, sous une pluie battante, a fait son arrivée au marché B de Bafoussam, le samedi 31 août 2013. La rumeur de son arrivée inattendue, a fait le tour de la ville, et bravant la pluie, de nombreux commerçants se sont amassés sous les décombres laissés par l’incendie. Avec quelques parapluies pour s’abriter, le président du Mrc a fait le tour pour constater les dégâts causés par le feu. Sous la pluie il est allé au contact des sinistrés les écouter raconter leur drame. Maurice Kamto est aussi allé au contact des commerçants qui ont vu leurs boutiques épargnés par le feu. A tous, il a rappelé qu’il est venu «faire comprendre aux sinistrés par cette assistance qu’ils ne sont pas seuls sur terre, qu’ils ont des personnes prêtes à les assister aussitôt. Que nous sommes là pour les aider à éteindre le feu, à se remonter et à œuvrer pour que cela ne se produise plus jamais». Il a insisté sur l’urgence de construire des marchés modernes dans une ville de Bafoussam où tout le monde sait que le commerce est la principale activité de survie des habitants.
Honoré Feukouo
Je suis venu apporter mon soutien
Maurice Kamto. Le président du Mrc sollicite la construction d’un marché moderne à Bafoussam.
 Je voudrai saluer mes frères et sœurs, mamans et papa, pour vous dire que nous avons appris la terrible catastrophe de l’incendie qui a ravagé le marché B de Bafoussam. Nous avons appris la triste nouvelle alors que nous étions pris dans d’autres urgences. Ce qui ne nous a pas permit d’arriver aussitôt. Mais comme vous le savez, certains de nos camarades sont accourus comme le départemental, le régional et nos candidats. Mais j’ai dit qu’il fallait que moi-même je vienne vous apporter mes paroles de réconfort. Lorsqu’on est dans le malheur, on veut voir les siens.  Je sais que d’autres personnes, d’autres groupes sont déjà passés. Je veux apporter ma voix à la leur pour vous réconforter, pour essuyer vos larmes au nom du Mrc. Et je sais que c’est d’autant plus terrible que cela arrive à la rentrée scolaire et que les parents qui se débrouillent ici pour envoyer les enfants à l’école, sont restés démunis face à une telle catastrophe. Vous avez reçu beaucoup d’assistance. Cette assistance ne peut pas remplacer ce que vous avez perdu. Mais, si on ne règle pas définitivement le problème en construisant ici un marché moderne, ici au marché B, on aura rien fait. La parole que je vous porte, plus particulièrement, c’est que  pour nous, ce que l’on donnera, ne sera jamais suffisante si on ne règle pas définitivement le problème. C’est construire un marché moderne au marché B.
Propos recueillis par H F

n car de transport incendié

Un car de transport incendié
Batié. Par cette action de justice populaire, les habitants voulaient régler le compte à un gang spécialisé dans le vol de bétail.
Quelques brulures légères et des traumatismes dus aux multiples coups reçus. C’est le diagnostic du médecin chef de l’hôpital de district de Batié, dressé sur le cas du patient Jacques Takam. Ce chef de gang se trouvait dans un car Coster de transport en commun avec 3 autres individus. Ils ont été interceptés par les éléments de l’auto défense de Batié au quartier Balick. Le car dans lequel ils se trouvaient a été incendié et ces derniers, copieusement rossés. Ils n’ont eu la vie sauve qu’à la prompte arrivée à l’aube de ce jeudi 1er août 2013, à la prompte intervention du sous-préfet. «Nous sommes arrivés et nous avons constaté que les éléments de l’autodéfense que nous avons organisé pour soutenir les forces de l’ordre en manque d’effectifs dans l’action de sécurisation de la population, avait mis le feu sur un car Coster ». Explique le sous-préfet François-Xavier Mollo. D’après lui, c’est depuis environ 6 mois que les populations locales qui vivent du petit élevage, se plaignent du vol de leur bétail.
Justement, le car stoppé dans une ruelle du village, transportait à la place des hommes, des chèvres, des moutons, des porcs et d’autres animaux domestiques. «Nous avons d’abord arrêté un membre du gang avec une chèvre. Pris de panique, il nous a expliqué comment ils opéraient. C’est ainsi que nous avons tendu ce coup de filet pour les prendre avec les animaux qu’ils amassent et transportent dans le car pour aller vendre à Bafang et à Douala » clame Josué, l’un des membres de l’équipe d’autodéfense. Les 3 autres bandits légèrement bastonnés, ont été conduits dans les geôles de la gendarmerie de Batié. L’adjudant chef Théodore Tina a récupéré les animaux pour les remettre à leurs propriétaires légitimes. Le propriétaire du car, est venu constater la dépouille de son engin de revenu, déplorant le fait de constater tardivement que son chauffeur  Moukalé Alexandre, était aussi membre d’un gang spécialisé dans le vol des animaux domestiques. Ce dernier qui s’est empressé de sauter du volant pour s’enfuir, demeure recherché.

Honoré Feukouo

es journalistes agressés

Des journalistes agressés
Bafoussam. Che Divan de la Crtv et Blaise Nzupiap ont été dépouillés de leurs avoirs par des bandits.
Il ne fait pas bon d’être journaliste à Bafoussam ces derniers jours à Bafoussam. Che Divine en service à la Crtv, l’a appris à ses dépens. Il a été agressé au environs de 20h30 juste à l’entrée de son domicile situé au quartier Tyo-vielle, jeudi dernier. Les bandits ont tendu une embuscade et, juste au moment où Che Divine effectuait la manœuvre pour garer son véhicule chez lui, il s’est retrouvé sous la menace des armes à feu. Ce dernier qui reconnaît n’avoir opposé aucune résistance, a été dépossédé de ses 2 téléphones portables et d’une importante somme d’argent. Au moment où il se croyait tiré d’affaire indemne, l’un de ses bourreau lui a tiré une balle dans le bras. «Ils ont dit que c’était pour me dissuader d’alerter les forces de l’ordre et mes collègues » explique la victime, qui se trouve sous soins intensifs à l’hôpital régional de Bafoussam. 
Avant le coup subit par ce dernier, 2 jours plus tôt, c’est Blaise Nzupiap qui  s’est fait dépossédé de ses 2 téléphones portables, de son ordinateur et d’une importante somme d’argent par les bandits. «Je sortais juste de l’hôpital où ma femme est internée, lorsque des bandits armés, m’ont entouré et m’ont menacé. Ils se sont acharné à me fouiller en disant que j’étais un journaliste et que j’avais surement de l’argent sur moi». Au dernières nouvelles, les téléphones de Blaise ont été retrouvés sur l’un des bandits tué par balle au quartier Evêché, à moins d’un kilomètre du lieu de son agression. Selon les forces de l’ordre  c’est au moment du partage du gain, qu’un bandit peu satisfait, a ouvert le feu sur son collègue et l’a laissé se vider de son sang dans la broussaille.

Honoré Feukouo

Assassiné et dépossédé de ses organes

Assassiné et dépossédé des organes
Dschang. La victime est un sexagénaire qui a été agressé à proximité d’un commissariat.
Assassiné et dépouillé de ses organes génitaux, de sa langue et d’autres parties de son corps. C’est le drame subi par André Ngandjong. La terreur et la stupéfaction se lisait sur les visages des habitants du quartier Tsinkop du groupement Foto à Dschang. Certains n’ont pas pu se maîtriser, et ont déversé toute leur bile devant la triste image découverte au petit matin du vendredi au carrefour situé à 50m du marché Foto et du commissariat du 1er arrondissement de la ville de Dschang. Il s’agit d’un crime crapuleux. La victime André Ngandjong est un jeune retraité de la délégation des travaux publics, situé non loin du lieu de son assassinat. Il est méconnaissable. Du sang sur lui et tout autour. Son mention et sa dentition a été éventrée par une chirurgie qui a permis au bourreau de priver ce cadavre de sa langue. Ses yeux et ses organes génitaux ont aussi été sectionnés et emportés. Sur la victime, se trouve son téléphone. Une façon pour l’exécutant de laisser comprendre qu’il n’était nullement intéressé par les outils personnels et le matériel de la victime. Pour preuve, la police qui a récupéré le corps, avant de le conduire à la morgue, a trouvé dans les poches de ce sexagénaire, une importante somme d’argent.
André Ngandjong qui, dans la nuit du jeudi 1er au vendredi 2 août 2013, il a passé une bonne heure à picoler dans un débit de boisson avec d’autres personnes ne se doutait pas qu’il prenait là ses dernières bières de la vie, au moment où il se lève en disant qu’il rentrait chez lui retrouver ses 2 femmes et sa dizaine d’enfants. Selon le propriétaire du bar, c’est à 21h qu’il quitte les lieux pour se rendre chez lui. «Grande a été notre surprise d’apprendre qu’il avait été assassiné à moins de 50m du bar et de son domicile » s’étonne ce dernier. La police a aussitôt ouvert une enquête qui a permis d’appréhender un premier suspect. Il s’agit d’un jeune homme d’une vingtaine d’années. Les sources policières laissent entendre que le bourreau a avoué son crime, laissant entendre qu’il se vengeait contre un tuteur qui ne l’aidait pas beaucoup. La famille du présumé assassin, dément en laissant entendre que leur fils est un aliéné mental bien connu dans la ville. «Il ne faut pas qu’on prenne quelqu’un qui n’a pas tous ses sens. Est-ce qu’ils ont vu les organes enlevé sur la victime à côté du suspect ? » S’écrie comme une avocate, la sœur aînée du suspect. La police est bien décidée à dénouer cette affaire, pour éviter que Dschang, ne devienne une autre zone de crime crapuleux au Cameroun.
Honoré Feukouo